Une approche du DTS 24/96

Une approche du DTS 24/96
DTS96/24Rod Duggan a oeuvré au sein de l’industrie audio professionnelle depuis son tout premier poste d’ingénieur-test d’enceintes acoustiques et de microphones pour la BBC en 1970. Puis il fit ses études à l’école Polytechnique de Liverpool en 1975. Quelques années plus tard, il travaillait pour un studio d’enregistrement et vit venir la fin de la période des enregistrements tout-analogique. Puis, c’est chez Sony qu’il se dirige, où il occupe un poste d’ingénieur-technicien au départment Audio Numérique. C’est là-bas même que son équipe et lui participent au lancement du Compact Disc et du « PCM-3324 Multitrack Digital recording » auprès de l’industrie anglaise au début des années 80. Il fonde Totalsystems en 1984 (matériel, installations professionnelles…). En 1997, il se rend à Berkeley, en Californie, et rejoint le Saul Zaentz Film Center fondé par Francis Ford Coppola. Il travaille lors des sessions de mixage de bande-son de quelques grosses productions comme Le Talentueux Mr Ripley ou encore Boogie Nights, pour ne citer qu’eux. Début 2000, il intègre DTS UK, et occupe dèslors le poste de Technicien Ingénieur pour l’encodage DTS des films et des DVD.

Voici, en exclusivité sur ‘DTS-Phile’, les premiers détails techniques et les premières observations d’un professionnel qui a participé au développement du nouveau codage DTS:

1- Comment définiriez-vous cette nouvelle mouture ?

Il ne s’agit pas d’une nouvelle mouture à proprement parler. Il s’agit plutôt d’une manière particulièrement intelligente de se maintenir, de s’adapter aux avancements du monde de l’audio numérique sans pour autant générer des incompatibilités avec leséquipements dont les spectateurs disposent ou dont ils ont récemment fait l’achat. Lorsque les développements techniques évoluent plus vite que la disponibilité du matériel, nous faisonstrès souvent face à de gros dilemmes!

Pour en revenir au DTS 24/96, je le considérerais plus comme un développement, une amélioration du format existant. Dans cette nouvelle évolution, nous avons conservé le format régulier/habituel dans le train de bits, et avons ajouté des informations audio comme une option dont les tous nouveaux décodeurs tireront l’avantage.

2- Comment doit-on la nommer? S’agit-il d’un nouveau codec, d’une nouvelle variation?

Le DTS 24/96 correspondà une nouvelle variation, similaire dans une certaine mesureau DTS ES Discrete.

3- Quel est le but direct de cette nouvelle option ?

Le but recherché,en premier lieu, consiste à concrètement donner aux auditeurs l’accès à la très haute qualité et à l’incroyable niveau de détail que contient une bande-son surround 5.1 encodée sous 24 Bits et à la fréquence d’échantillonnage de 96 Khz. Le niveau de détail, la clarté de même que la chaleur qui en émanent sont sincèrement très plaisants à entendre.

4- D’un point de vue strictement technique, de quoi cette évolution est t-elle composée ? Affecte t-elle le codec DTS habituel ?

Le train de bits de régulier 24 Bits (ces derniers 24 Bits sont à eux seuls une avancée par rapport au DTS Coherent Acoustic que nous connaissons sur DVD: jusqu’à ce jour, les DVD DTS étaient encodés sous 20 Bits, NDLR) et 48 Khz dont le signal est entièrement composé est encodé comme à l’ordinaire et se présente comme la matrice. Cependant, le nouvel encodeur dont nous disposons repère les autres informations enregistrées en extra sous 48 Khz et les encode comme une extension qui complète le signal principal, tout en utilisant bien moins de données que ce dernier, tout simplement parce qu’il y a moins d’informations contenues dans cette partie optionnelle, cette extension du signal. Cette extension s’ajoute d’elle même lorsque le demande le signal principal, elle est détectée et décodée simultanément à la partie matrice du signal par la nouvelle génération de décodeurs. (De fait: 48 Khz pour la matrice et 48 Khz sur le signal optionnel amènent la fréquence d’échantillonnage finale, que l’on appellera dès lors « glissante », au chiffre record de 96 Khz, NDLR)

Les décodeurs actuels ne détecteront que les 48 Khz habituels du signal, et produiront le même signal que celui qui est à l’œuvre depuis quelques années déjà sur les DVD DTS. Les taux de transferts du DTS Coherent Acoustic (20/48) et du DTS 24/96 sont exactement les mêmes, tant est si bien que les lecteurs DVD actuels retranscriront le nouveau format sans qu’aucune modification ne soit exigée. Pour ainsi dire, le nouveau DTS 24/96 sera lisible sur les équipements courants sans l’ombre d’un problème.

5- Y aura t-il des problèmes liés à la mise à jour du matériel de décodage et du parc des lecteurs DVD actuels?

Je doute fort que des upgrades (mise à jour) soient disponibles… mais de nouveaux décodeurs feront leur apparition dès cet automne. Tous incluront cette nouvelle ‘option’. Comme il n’y aura aucune retombée négative sur les matériels habituels et courants, tous les DVD seront lisibles comme ils se sont à l’heure actuelle, et il suffira à l’auditeur de mettre à jour la partie décodage de son matériel s’il désire accéder à la pleine mesure de la résolution 24 Bits 96 Khz. Il n’y aura donc pas de désavantage réel à garder son équipement courant.

6- Comment décrire et définir ‘ l’addition théorique ‘ concernant la qualité acoustique globale ?

« L’addition théorique » à laquelle vous référez n’est pas quantifiable à proprement parler précisément parce qu’elle concerne le spectre audio qui se situe au delà des fréquences audibles par l’oreille humaine (24 Khz-48 Khz). Ainsi, on pourrait presque être tenté de dire que cela n’ajoute rien! Cependant, de plus en plus d’ingénieurs du son expriment le souhait que l’enregistrement soit réalisé sous 24 Bits et à la résolution de 96 Khz. la raison en est simple et fort justifiée: ils préfèrent que la qualité d’écoute qui est la leur derrière les consoles soit entièrement « rétrocédée » à l’auditeur final, à tous les auditeurs finaux.

7- Comment le DTS 24/96 se comporte t-il si on le compare avec son master? A-t-il été désigné pour la musique, les bande-son cinéma? Quels enregistrements vont le plus bénéficier de ces nouvelles qualités?

J’ai pu personnellement réaliser des écoutes, et on découvre que, très occasionnellement, de toutes petites différences presque inqualifiables font leur apparition et diffèrent du master. Principalement,il s’agit d’une sorte d’adoucissement de fortes transitoires et d’harmoniques. Je dirais que les différences entre le DTS 24/96 et son masters ont moins prononcées que lorsque l’on compare une très bonne cassette analogique 15ips SR avec son master. En ce qui concerne le DTS 24/96, la différence d’avec le master est qualifiable de bénigne et est indétectable à l’oreille.

8- Avez-vous pu réaliser des écoutes en avant-première? Quelle est la différence la plus marquante entre le codage DTS 20/48 habituel sur DVD et le nouveau DTS 24/96 ?

Oui, tout à fait. Nous avons parfaitement calibré une installation au récent congrès de l’AES à Amsterdam. Nous avons utilisé et calibré des haut-parleurs ATC et des convertisseurs dCS. La ‘chaleur sonore’, les détails et la profondeur de la musique étaient absolument saisissants et délicieux lors de nos écoutes et démonstrations. Vous pouviez fermer les yeux et entendre une myriade de sons chaleureux et ravissants (traduction littérale, NDLR) se déplacer harmonieusement. Ceci concernait la musique et les ambiances enregistrées sur la bande-son.

9- Quels sont les titres qui bénéficieront en premier de ce nouveau codage ?

Nous ne le savons pas encore. Mais vous en serez informé !

10- Question annexe: le son DTS sur support DVD: Pourquoi trouve t-on bien souvent un rendu des basses fréquences moindre en DTS lorsque l’on compare directement au Dolby Digital? Est-ce dû aux restrictions, à un problème de pagesize (taux global de données sur un DVD) ?

(traduction approximative une nouvelle est en étude…)

Les filtres passe-bas utilisés sont entièrement différents entre les deux formats. Les filtres qu’emploie Dolby sont optimisés en niveau, ce qui donne, en résultat direct, une bonne réponse en fréquence, réponse qui est linéaire. Cependant,il faut garder à l’esprit que la réponse en phase grimpe à 180 degrés, ce qui a comme conséquence l’annulation pure et simple de dispersion spatiale lorsque le spectre du registre grave est partagé avec les autres voies.

A l’inverse, le codage DTS choisit une bonne réponse en fréquence au prix de la linéarité de la réponse, tant est si bien que nos codages commencent à roller (des précisions à venir sur ce terme, NDLR…) à 85 Hz, mais sont en cohérence de phase et en cohérence spatiale avec toutes les autres voies. La différence observable reviendrait à dire qu’il y a un peu moins de basses dans la région des 85 et 120 Hz du spectre que développe DTS.

Merci à Stéphane Roger de http://www.digital-surround.fr.st