Choisir son lecteur CD

Choisir son lecteur CD :
Lecteur CD

Sur le papier, il existe assez peu de différences entre les lecteurs CD. Une platine CD reste un appareil simple, aux fonctions standard. Sur quels critères choisir, alors ?

Soit vous êtes un amateur très exigeant et vous choisirez une platine CD pour ses qualités musicales avant tout, soit vous serez plus influencé par la simplicité de mise en œuvre et d’utilisation, et son prix, bien entendu. Je classerai à part les platines de type juke-box ou les lecteur MP3, offrant effectivement des caractéristiques inhabituelles, et laisserai de côté les gadgets du type variation du pitch et autre volume numérique.
Au passage, une remarque importante : L’étude des caractéristiques constructeur présente généralement peu d’intérêt et n’aident pas à faire son choix. Un rapport signal/bruit, par exemple, ne permet en aucun cas de juger de la qualité musicale d’un appareil !

A vos marques :
Un point à considérer tout d’abord : la marque du lecteur. Si vous possédez déjà un amplificateur, il est fort probable que sa télécommande puisse piloter directement un lecteur CD du même constructeur. Si vous ne possédez pas de télécommande universelle, cet avantage peut avoir son importance.

En-dehors de cette adéquation de télécommande, et de toutes considérations esthétiques, il n’existe pas d’autre raison de choisir un lecteur CD de la même marque que votre amplificateur.
Donc, avant toute chose, regardez la télécommande de votre ampli. Elle peut piloter un lecteur CD ? C’est déjà une première piste.


Des fils et des platines :

Les platines CD, peu ou prou semblables en façade (à l’exception de la prise casque – souvent présente mais rarement utile), disposent de connexions plus ou moins fournies en face arrière : les plus simples ne proposent qu’une sortie stéréo, donc deux prises RCA, une rouge pour le canal droit, et une noire pour le canal gauche (ces sorties sont dites analogiques, mais ne vous effrayez pas de ce terme, il est secondaire ici), là où les platines les plus généreuses proposeront deux sorties analogiques, et une ou deux sorties numériques (qui peuvent être coaxiales ou optiques, là encore, pas de panique avec ces termes barbares, c’est secondaire). Il peut en outre s’y trouver une ou des prises servant à commander le lecteur depuis un ampli de la même marque.(Certains appareils très haut de gamme disposent de connecteurs pour signaux symétriques, dépassant le cadre de cette fiche).

Si vous possédez un bon amplificateur avec des entrées numériques, un amplificateur home-cinéma avec décodeur DTS, ou une platine Minidisc, il vous faut une ou deux de ces sorties numériques.

Contrairement aux idées reçues, la sortie numérique optique n’est pas meilleure que la sortie numérique coaxiale. Vérifiez plutôt quel type de sortie il vous faut pour relier vos différents éléments entre eux.

Des convertisseurs optique vers coaxial (et inversement) existent, mais ils constitueront un surcoût évitable, et ne respectent pas toujours les signaux qu’ils convertissent.

Au passage, si vous possédez une platine DVD, celle-ci peut faire office de lecteur CD. Notez toutefois que certains lecteurs DVD refusent de lire les CD-R (gravés), et si vous êtes exigeant sur la qualité, sachez aussi que la qualité de la plupart des lecteurs DVD est à près du niveau d’un lecteur CD de bas de gamme.

Entre les oreilles :
Si vous avez une belle installation et des oreilles exercées,vous rechercherez une platine CD ayant une bonne qualité musicale. Si vous croyez que toutes les platines CD se valent, détrompez-vous! Si effectivement les informations gravées sur un CD sont numériques, votre ampli, vos enceintes, ont besoin de signaux analogiques. Donc à un moment ou à un autre, il va falloir convertir ces signaux numériques inscrits sur le CD, en signaux analogiques compréhensibles par l’ampli. Or le type et la qualité des convertisseurs numérique- vers- analogique, et tous les étages électroniques qui vont avec, influencent beaucoup la qualité finale. Une oreille non exercée peut très facilement le constater entre deux platines n’ayant que 1000F d’écart. On trouve d’ailleurs de très bonnes platines à des prix tout à fait raisonnables : certaines références autours de 2000F sont devenues des petites légendes…

Les convertisseurs proposés par les différents constructeurs(legato link, AL24, etc.) induisent parfois un style sonore qui peut déplaire (le legato link est d’ailleurs débrayable sur certaines platines Pioneer), donc je ne saurais trop vous conseiller d’écouter avant d’acheter, règle immuable pour tout amateur exigeant.

Si vous utilisez la sortie numérique (optique ou coaxiale) du lecteur, vous n’utilisez alors plus les convertisseurs internes au lecteur, mais ceux de votre ampli. Sachez que la qualité du « transport » (c’est le nom de la mécanique de l’appareil) et des électroniques qui vont avec, peut modifier la qualité du son. De petits décalages temporels (jitter, ou gigue) et des erreurs de lecture peuvent en effet dégrader l’écoute.

En d’autres termes, une platine d’entrée de gamme, même sur sa sortie numérique, ne remplace pas un appareil plus sérieux, connecté en numérique lui aussi.

Des codages :
Un autre point pouvant attirer l’acheteur audiophile, ou l’amateur exigeant,est le décodage HDCD. Le nombre de CD respectant ce format est plus important qu’on ne pourrait le croire (seul un discret logo permet de les différencier d’un CD normal, et vous en avez probablement plus d’un sans le savoir), et ce décodage apporte un surcroît de dynamique appréciable (20 bits théoriques à comparer aux 16 bits du CD habituel)… sur une platine compatible. Certains rares lecteurs DVD proposent aussi ce décodage.

Enfin, les constructeurs ont fini par réaliser le potentiel commercial du décodage MP3. Si vous êtes de ceux qui gravent des CD MP3, vous savez que vous pouvez disposer de 10 heures de musique sans changer de disque. N’espérez quand-même pas la qualité d’un CD audio, mais avouons que ce peut être pratique.

Hors gabarit :
Pour terminer, les juke-box acceptent maintenant 200 à 300 disques et peuvent être intéressants. Leur maniement est plus ou moins simple ; certains sont chaînables entre eux (si vous possédez plus de 300 disques, vous pouvez ajouter un second lecteur) ; certains lisent les titres au format CD-Text sur les (rares) disques encodés; certains peuvent même se connecter à internet (via votre PC) pour télécharger automatiquement tous les titres des CD qui s’y trouvent. En-dehors des conseils de choix énoncés précédemment, étudiez donc précisément les possibilités de l’appareil avant de craquer.

Il est regrettable que le positionnement actuel de ces  » entrepôts à CD  » les limite la plupart du temps à des qualités de construction et esthétiques très discutables. N’espérez pas non plus trouver des juke-box audiophiles pour le moment.

La douloureuse :
Reste la question du prix. Une règle simple est de ne pas consacrer un budget délirant à un élément isolé de votre installation : le meilleur des lecteurs CD banché sur un ampli moyen et des enceintes quelconques ne donnera jamais le meilleur de ses possibilités. La règle en or à garder en mémoire, c’est qu’une install est toujours du niveau de son élément le plus faible. Donc, si vous disposez d’une installation d’entrée de gamme, inutile d’y adjoindre un lecteur de haut vol… sauf si cela constitue la première étape d’un rééquipement progressif.
A l’inverse, une belle installation fera ressortir les défauts d’un lecteur CD moins bon. Ne panachez donc pas trop les qualités.

Sans pouvoir entrer trop dans le détail (car ensuite il faut raisonner appareil par appareil), voici quelques règles directrices.
Avec une installation d’entrée de gamme, ou, si vous préférez, si vos enceintes ne dépassent pas les 1000F pièce environ, n’investissez pas plus de 2000F dans le lecteur. Si vos enceintes sont plus dans la tranche des 2/3000F, et que votre ampli est en proportion,vous entendrez la différence entre un bon lecteur à 1500Fet un bon lecteur à 3000F. Si vos enceintes valent plus de 3000F l’une, vous pouvez aisément investir dans un lecteur coûtant dans les 4/5000F et profitez de toutes les finesses qu’il offre : précision des timbres, placement impeccable des instruments dans l’espace, aération et donc clarté du message entre les différents instruments, fermeté du grave, etc…

Et quelque soit le modèle, ne négligez jamais la qualité du câble. Dès les modèles d’entrée de gamme, le câble livré d’origine est à mettre de coté, enfin, à la poubelle quoi ! et doit être remplacé par un câble en harmonie avec le niveau du lecteur, et de votre install. Mais ceci est vrai pour tous les maillons de votre système.

© Hifissimo 2001,
© Marc-Etienne HUNEAU 2001
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(qu’on ne vous refusera très probablement pas)