Jean Marie Reynaud Folia à l’écoute

JMR Folia

 

Introduction :
Je ne voulais pas le faire mais on me l’a demandé alors je m’y colle.
Pourquoi je ne voulais pas : parce qu’on m’aurait encore taxé de monomaniaque.

Les produits Jean Marie Reynaud ont, pour la majorité des gens qui passent me voir, la réputation de produits élitistes et chers. Des constructeurs français, pour ne parler que d’eux, proposent à leur catalogue des produits à plusieurs dizaines de milliers d’euros : la Sphère de Cabasse, la grande Utopia chez Focal ou encore la Magellan de chez Triangle. Le haut de gamme de JMR, la Concorde, se situe à une petite dizaine de milliers d’euros seulement…

L’idée de Jean Claude Reynaud a été de proposer une enceinte positionnée à moins de 1000€ la paire. Faire du bon sans considérations budgétaires n’est déjà pas chose aisée alors quand on ajoute la contrainte d’un petit prix cela relève de la gageure.

Ainsi est donc née la Folia.
Son nom vient d’une danse portugaise apparue au XVème siècle, pendant laquelle on répétait un thème de façon si rapide que les danseurs semblaient perdre la raison, d’où son nom.
Si Jean Claude Reynaud a choisi ce nom pour sa petite dernière c’est peut être en hommage à son père qui donnait le nom de danses à ses premières enceintes (gavote, passacaille, barcarolle, gaillarde, menuet, pastourelle…)

Afin de proposer une JMR à prix raisonnable il a fallu faire des économies. La finition n’est donc pas en placage merisier naturel mais noire satinée. Comme la Ford T au début du siècle dernier, première voiture abordable, vous pouvez ainsi choisir la couleur : noire, noire ou encore noire.

Le saladier du haut parleur de grave n’est pas en métal mais en ABS, sa membrane est en pulpe de cellulose (ca fait plus classe que d’écrire papier), matériau simple et éprouvé depuis des années qui allie légèreté et rigidité.
Par contre le tweeter est un dôme de soie tout comme celui de ses grandes sœurs (Bliss, Euterpe, Cantabile).
Le filtre quant à lui est câblé en l’air comme les grandes JMR.

Les économies ont été faites aux bons endroits.
Un évent tubulaire débouche sur le coté de l’enceinte ; d’après le constructeur les évents seront positionnés vers l’intérieur pour un écartement de 1,5m et plus, et dirigés vers l’extérieur pour un écartement inférieur à 1,5m.
De mon point de vue les mesures sont nécessaires mais non suffisantes, et, dans les données techniques de la Folia, le rendement de 86db est un peu faible ; il n’est cependant pas dans les habitudes de JMR de produire des enceintes difficiles à faire fonctionner.
L’écoute nous en dira plus.

Pour ce compte rendu j’ai choisi de rester franco-français :
Un ampli Atoll IN30 et son compère le CD30 ont été choisis. Ces électroniques de prix abordable devraient bien convenir au petites JMR.

Quand Jean Claude Reynaud m’avait apporté ses nouveaux bébés, il les trouvait un peu limités dans le grave. Hors ce n’était pas l’impression que j’avais ressentie ; mon sentiment était plutôt un léger manque de dynamique. Je persiste et je signe, n’en déplaise au concepteur.

Oscar Peterson Trio - We get requests
Du grave il y en a, et du bon en plus, pour preuve sur le célèbre We get request la contrebasse de Ray Brown est bien présente aussi bien quand il joue à l’archet ou en pizzicato la fondamentale et les harmoniques sont bien respectées. Le piano d’Oscar Peterson est bien centré entre les enceintes, il sonne plein et fluide ; les ballais de Ed Thigpen sur la caisse claire sont bien reproduits.

 

Blues Brothers 2000
Aretha Franklin (Respect. BO des Blues Brothers 2000) donne toujours des frissons, la perception de toutes les intonations de sa voix est évidente, la séparation des instruments est bien reproduite par contre la dynamique est légèrement tassée.

 

 

Eliane Elias - Light My Fire
Sur Light My Fire de Eliane Elias la contrebasse est fort bien retranscrite, la voix est précise, on entend parfaitement les intonations, chaque mot est compréhensible sans effort. Comme toutes les JMR la petite Folia a une capacité déconcertante pour reproduire les voix.

 

 

Pink Turtle - Pop In Swing
Sur Hotel California de Pink Turtle la retranscription est fluide, aucune crispation ni agressivité ne se fait entendre sur les cuivres, par contre un manque de dynamique se fait ressentir, le rendement relativement faible de l’enceinte y est certainement pour quelque chose.

 

Mahler : Symphonie n° 5 - Riccardo Chailly
Il en est de même sur le premier mouvement de la Vème de Malher où la Folia manque un peu de dynamique. Par contre les timbres sont bien respectés et elle ne sature pas. Bien sur, avec ce type de message elle n’a pas la facilité d’une colonne mais on ne se sent pas frustré au vu de la taille de l’enceinte.

 

 

Conclusion :
La Folia n’a pas l’ampleur, l’ouverture ni la dynamique de sa grande sœur la Bliss. Cependant c’est une vraie JMR qui sait reproduire la musique avec talent : elle montre un équilibre spectral remarquable et sait donner un coté vivant, spontané à la musique. Comme toutes les JMR, c’est une enceinte avec laquelle on ne se pose pas de questions et avec laquelle on écoute de la musique en prenant du plaisir. C’est bien là l’essentiel.

Il faudra simplement veiller à lui associer des électroniques un peu vives afin de compenser son manque de dynamique. Les Atoll ont parfaitement rempli ce rôle. L’association m’a tellement plu de par ses qualités que nous allons bientôt vous la proposer.  Par contre, une association avec des éléments plus doux comme des Marantz ou des Cambridge ne lui rendra pas service.

Laurent, Hifissimo Monge

Fiches produits :
Jean Marie Reynaud Folia

April Music Aura Vita et Vivid en test

April Music Aura Vita et Vivid

Quand on voit le nombre de nouveautés qui apparaissent tous les mois, y compris sur notre site, cela donne parfois le vertige. Cette quantité fait que un appareil qui sort du lot peut passer inaperçu et il est de notre rôle de le faire sortir de la masse ; c’est le cas des 2 appareils qui font l’objet de ce compte rendu :

APRIL MUSIC Aura
Pour beaucoup, le nom d’Aura n’évoque pas grand-chose. Pourtant dans les années 90 cette marque avait défrayé la chronique avec les amplis Aura VA50, Aura VA80 et Aura VA100. Aura venait jouer les trublions auprès des marques établies (Nad, Rotel, Creek, Arcam..) en proposant des appareils au look atypique et aux performances musicales exceptionnelles. Malheureusement, cette marque avait disparu de France depuis quelques années.

20 ans après, Aura est de retour sous le nom d’APRIL MUSIC, les choses ont elles changées ?

La gamme APRIL MUSIC n’est pas pléthorique ; en plus du Vivid et du Vita il existe le Note qui est un tout en un. C’est tout.

L’aspect extérieur de l’ampli n’a pas changé; c’est le même qu’il y a 20 ans. Il dispose de la même façade finition alu miroir, par contre un afficheur LED rouge du plus bel effet est venu compléter celle-ci. De même pour le lecteur CD qui montre le même afficheur LED rouge en lieu et place de celui de son ancêtre qui était à cristaux liquides. Paradoxalement les APRIL MUSIC Aura dénotent toujours au milieu de leurs congénères, ils sont toujours aussi atypiques. Comme quoi leur Design n’a rien de dépassé !

Les possibilités, elles, ont par contre beaucoup évoluées, particulièrement la connectique au dos de l’appareil. Si son ancêtre disposait de 6 entrées analogiques dont 1 phono, l’APRIL MUSIC Aura Vita propose 4 entrées analogiques : 1 phono, 2 entrées ligne sur RCA et une sur XLR, une sortie pré out ainsi qu’une entrée sur USB, de quoi connecter toutes les sources musicales existantes depuis une platine vinyle jusqu’à votre ordinateur. Il y a une entrée analogique en moins par rapport à son ancêtre me direz vous ! Certes, mais il est inutile de lui brancher un tuner, l’APRIL MUSIC Aura Vita est un ampli tuner avec lequel vous pouvez mémoriser 15 stations. Il y a même une télécommande, c’est beau le progrès. De plus l’APRIL MUSIC Aura Vita propose une sortie casque. A part une entrée mini jack en façade il ne lui manque rien.

Le lecteur APRIL MUSIC Aura Vivid quant à lui regroupe les fonctions traditionnelles en façade « play/pause, stop, open/close, next et previous » plus une touche dénommée « input » (« entrée » pour les anglophobes) une fonction qui a habituellement sa place sur un ampli. C’est en regardant la face arrière que l’on comprend l’utilité de cette touche : non seulement l’APRIL MUSIC Aura Vivid est un lecteur CD mais il dispose également de 3 entrées numériques (1 optique et 2 coaxiales) qui vous permettrons d’utiliser le convertisseur du APRIL MUSIC Aura Vivid pour traiter le signal numérique d’autres appareils. En plus de la sortie sur RCA il offre une sortie sur XLR. Une USB en façade eut été la bienvenue.

Ils ont un autre avantage pratique : leur profondeur de 260 mm permet de les loger facilement dans une bibliothèque ou sur des étagères peu profondes. Cela n’a l’air de rien mais combien d’entre-vous se trouvent confrontés à ce problème : comment vais-je loger ma chaine chez moi ?

L’écoute :
Branchées sur un large panel d’enceintes et plus particulièrement les Euterpe de Jean-Marie Reynaud et surtout les B&W CM8, les premiers adjectifs qui viennent à l’esprit sont finesse et précision.

Encuentro Sanz & Santa Cruz - Oeuvres pour guitare
– Jacaras (Encuentro Sanz & Santa Cruz / Oeuvres pour guitare – ASTREE AUVIDIS E8575):
Morceau de guitare espagnole et castagnettes enregistré dans un cloître en Espagne :
La guitare sonne plein, l’attaque sur les castagnettes est étonnante de rapidité, de précision et de fermeté on note toutefois un léger manque de profondeur de la scène sonore.

Blues Brothers 2000
– Aretha Franklin – Respect (B.O. Blues Brothers 2000) :
La voix d’Aretha Franklin est fort bien restituée :
On l’entend respirer, le saxophone scintille, les choeurs sont bien présents, cependant un peu plus en avant qu’avec d’autres électroniques, caractéristique déjà constatée au-dessus.

 

Pink Turtle - Pop In Swing
Pink Turtle – Pop In Swing : Hotel California :
La dynamique est respectée, et pas qu’un peu, quand les cuivres partent ils ne restent pas au fond des enceintes, les voix sont bien retranscrites, on n’entend pas un masse de voix, elles sont bien séparées les unes des autres ; la contrebasse est tenue et ses harmoniques passent bien sans effet caoutchouteux.

 

Eliane Elias - Light My Fire
– Passons a quelque chose de plus reposant : Eliane Elias et sa reprise de Light my fire : toute la sensualité passe, on se laisse bercer par sa voix chaleureuse ; la contrebasse bien tenue, le piano qui résonne de toute sa caisse font de ce morceau un moment de plénitude.

 

 

Mahler : Symphonie n° 5 - Riccardo Chailly
– Enfin sur le premier mouvement de la 5ème de Malher par Chailly tout est tenu, j’aurais cru que l’ampli se serait écroulé, et bien non il a tenu, et avec brio en plus, à se demander si il ne fait que 2 x 50 Watts. Remarquable !

 

 

En conclusion :
Ces petites (par la taille) électroniques n’ont l’air de rien, cependant rien ne semble leur fait peur, elles sont capables de faire fonctionner des enceintes un tantinet récalcitrantes.
Elles sont vives et vivantes, tiennent le registre grave de façon remarquable et sont d’une précision diabolique ! La seule petite critique que j’ai à leur adresser c’est ce léger manque de profondeur de la scène sonore mais rien de vraiment rédhibitoire.

Il faudra bien sur veiller à leur adjoindre des enceintes qui leur conviendront, la vivacité des APRIL MUSIC Aura pourrait exacerber des enceintes trop vives et rendre l’écoute agressive.
Bien mariées, avec une paire de B&W CM8 par exemple, le résultat est remarquable.

Laurent, Hifissimo Monge

Fiches produits :
April Music Aura Vita
April Music Aura Vivid

Site web d’April Music :
www.aprilmusic.com

Compte rendu d’écoute de plusieurs DAC – Partie 2

Introduction :

Suite à mon test de DACs de l’an dernier, les demandes de tests d’autres DAC se sont enchaînées. Il me fallait trouver le temps de le faire, et surtout de choisir les produits les plus pertinents. Je n’ai pas pu tester tous les produits du marché ; il a donc fallu faire un choix cohérent au regard du catalogue de produits d’Hifissimo.
Je le précise à nouveau : ces tests sont subjectifs, et je n’ai aucunement la prétention de détenir la vérité absolue. Les avis exprimés n’engagent que moi, et je suis le premier à affirmer que d’autres avis valent autant que le mien, même s’ils sont divergents.

Les produits testés l’ont été sur mon système, qui a changé entre temps :
– Enceintes Jean-Marie Reynaud Cantabile 10ème anniversaire (réputées pour leur transparence)
– Ensemble d’amplification Naim Nac82 (avec une Hicap) et Nap180
– Lecteur Primare V25 (pour la lecture CD)
– Panasonic DMP-BD10A (pour la lecture Blu-ray)

J’ai décidé pour ce test de retenir les produits suivants :
– L’Atoll DAC200
– Le M2Tech Young
– Le Naim DAC

Tous les tests ont été effectués avec un seul DAC à la fois, sur une période différente, et sur des extraits musicaux et de films (en Blu-ray). Les avis tiennent compte des deux séries de tests.
Voici les comptes rendus :

Atoll DAC200 :

Atoll DAC200
Atoll DAC200

Pour le descriptif du produit, je vous renvoie vers la fiche descriptive du site, qui est très complète.
Chose remarquable, le DAC200 est l’un des produits les plus complets côté connectique, avec pas moins de 6 entrées numériques (3 optiques, 2 coaxiales et 1 AES) en plus de l’entrée USB asynchrone 24 bits/192 Khz. Il dispose également d’une sortie casque et surtout, d’une sortie à niveau variable ou fixe selon votre configuration (si votre budget est un peu court pour investir dans un préampli, c’est le plan parfait).

Lorsque j’ai su qu’Atoll sortait un modèle de DAC supérieur au DAC100, je n’ai pas hésité une seule seconde : je voulais absolument le tester. J’avais eu un excellent souvenir du DAC100, mais je lui reprochais de manquer un peu de fluidité (remarque à relativiser compte tenu du prix du DAC100).
Je voulais donc savoir si Atoll avait corrigé le tir sur un modèle de gamme supérieure. La réponse est arrivée dès les premières secondes d’écoute : C’est Oui !

Le DAC200 va plus loin que le DAC100 sur ce critère, mais pas seulement sur ce seul critère : il est plus défini, plus juste sur les timbres et la scène sonore est bien plus ouverte.

Certes, j’ai connu des lecteurs qui faisaient mieux sur ce dernier critère, mais ils n’étaient pas à 1500 €.
De plus, Atoll n’a pas vendu son âme au diable en sortant le DAC200 : il conserve toujours le côté rapide et droit des produits Atoll, mais il ne tombe pas dans la caricature : l’ensemble reste en permanence agréable à l’écoute.

Le constat a été le même en écoute Homecinéma, que se soit sur des films ou sur des concerts : le côté nerveux et détaillé du DAC200 a fait des merveilles, et sans aucune agressivité, comme cela avait pu être le cas sur le DAC100 (pas sur tous les extraits, je vous rassure).

Enfin, je ne peux pas passer à côté d’un vrai plus à ce prix : la sortie casque.
Etant curieux, et ayant sous la main un casque Grado SR325is, je n’ai pas résisté à faire une écoute au casque. Je n’ai pas du tout été déçu : les qualités du DAC200 évoquées plus haut se retrouvent aussi sur cette sortie.
Si vous disposez d’un excellent casque, et que vous ne pouvez pas investir dans un ampli casque de haut niveau, le DAC200 vous permettra d’en profiter pleinement et sans aucune frustration.

Je voudrais conclure sur ce DAC200 en félicitant nos amis d’Atoll : à 1500 €, réaliser la prouesse de développer un produit Made in France aussi complet, aussi cohérent dans sa restitution sonore, c’est un très bel exploit.

Le DAC100 était déjà une réussite : le DAC200 fait juste mieux partout, avec en plus la sortie variable, l’entrée AES et la sortie casque.

Enfin, concernant l’association avec d’autres maillons, vous ne devriez pas avoir trop de difficultés : sa droiture, et son côté détaillé ne poseront pas de problème particulier. Evitez les systèmes déjà « clairs » sous risque d’avoir une écoute un poil agressive, mais pour le reste, aucune contre indication de ma part.

M2Tech Young :

M2Tech Young
M2Tech Young

Comme pour le DAC200, je vous renvoie à la fiche produit pour le descriptif technique, très bien rédigé.

Je vais plutôt m’attacher au compte rendu d’écoute, subjectif, comme pour le DAC200.
Dès les premières minutes, la première impression que j’ai eue est celle d’un produit dans la lignée du DAC200, avec peut être plus de nervosité et une scène sonore un peu plus large. Ce Young est clairement un produit nerveux, et dans certaines situations, il pourrait engendrer une écoute légèrement agressive. Ce n’est pas bien grave, mais il faut en tenir compte dans votre choix.

Pour ce qui est de la définition, elle est irréprochable, et par rapport à mon lecteur de référence l’apport a réellement été probant : on a enlevé un voile par rapport à ce dernier, et cela, de manière sensible.

La bande passante est tout aussi large que sur le DAC200, avec un grave présent, articulé, un médium précis et un aigu très détaillé, même s’il peut manquer de soyeux, mais j’y reviendrai plus bas.

La scène sonore est aussi un point fort du Young : le placement des instruments est à la fois précis et aéré, et pour un budget de 1000 €, il n’y aucun reproche à faire sur ce point.

Pour ce qui concerne les timbres, ils sont du même acabit que l’excellent DAC200, et on est tout à fait en cohérence avec le tarif du produit. La seule réserve, pour ma part, concerne la fluidité. Je m’explique : j’ai trouvé le Young très nerveux, voire un peu bodybuildé, et sur des morceaux musicaux réclamant de la subtilité, ma sensibilité me ferait plutôt opter pour le DAC200, voir celui de mon lecteur de référence (Primare V25).

Par contre, sur des morceaux plus « rocks », le Young fera des merveilles car sa nervosité ne sacrifie absolument pas la rythmique et la dynamique, et il se peut même qu’il soit supérieur au DAC200.

Malgré ce léger manque de soyeux, on ne peut pas faire de reproche au Young : il est tout fait cohérent dans ce qu’il fait, que ce soit en terme de définition, de justesse, de timbres, de dynamique, mais surtout de sens du rythme. Si je veux caricaturer, je trouve ce produit très « Rock’n Roll », mais sans que cela soit péjoratif.

Il faut juste en tenir compte lors du choix : si vous cherchez un DAC pour apporter de la nervosité à votre système, tout en gagnant en définition et en largeur de scène sonore, le Young doit être impérativement écouté.

Les impressions en écoute musicale ont également été confirmées sur des extraits de films, sauf que la nervosité du Young a été un véritable avantage sur les bandes sons musclées. Le Young est réellemment surprenant et donc à écouter impérativement, quelque soit votre budget !

Un dernier point : M2Tech a développé pour ce DAC une alimentation externe nommée Palmer. Je n’ai pas pu faire le test, pour des raisons logistiques, mais d’après les dires de l’importateur, le gain est réel, notamment en termes de bande passante, de définition, de dynamique et surtout, elle apporte la douceur dont le manque pourrait être reproché au Young seul (même s’il reste très relatif, je vous rassure).

Naim DAC :

Naim DAC
Naim DAC

Au vu de son prix, je me doute fortement que des esprits chagrins ne manqueront pas de critiquer la cohérence du choix du DAC Naim par rapport aux deux DAC précédents. Premièrement, je comprends tout à fait cette réaction, et deuxièmement, le DAC Naim a été testé bien avant les deux autres. Le fait d’avoir testé ces deux produits après le DAC Naim me permet de relativiser les performances de chacun.

Avant tout, pour ce qui est de la connectique, le DAC Naim est de loin le plus complet, avec en plus, la possibilité de connecter un iPod ou un iPhone en direct, mais aussi de l’améliorer par le biais d’une alimentation externe (cf fiche produit).

Ensuite, il faut reconnaître un gros mérite au DAC200 et au Young, qui, malgré le fait qu’il soient d’un niveau en dessous, ne sont absolument pas ridicules face au DAC Naim, bien au contraire.

Enfin et avant d’aborder le compte rendu, il faut impérativement tenir compte du fait que le DAC Naim est un produit résolument haut de gamme, et qu’il sera sensible à la source de lecture (drive CD, DVD, Blu-ray, iPod, ordinateur, clef USB…), à la qualité des fichiers lus, mais aussi à ce qu’il y a en aval : amplification, enceintes, pièce d’écoute, etc…

Lorsque j’ai branché le DAC Naim pour la première fois, j’ai tout de suite compris que Naim avait développé un produit avec deux qualités qu’on ne retrouve pas toujours : fonctionnalités et musicalité.

Je pourrais vous décrire les timbres du DAC Naim, qui sont ce qui se fait de mieux, dans tout ce que j’ai pu entendre à des tarifs raisonnables (sic), que la définition ne souffre d’aucune critique, que la bande passante est d’une extension remarquable, tout en conservant de l’articulation dans le grave et du soyeux dans l’aigu, mais un mot me vient à l’esprit pour décrire ce DAC : MUSICAL !

Je sais, ce mot est souvent utilisé et le plus souvent, de mauvaise manière, mais je vais assumer mon propos : ce DAC est tout simplement musical ! Tout en conservant ce sens de la rythmique qu’ont toujours eu les produits Naim, ce DAC a su gagner de la rigueur (pas de l’austérité non plus!) et de la justesse.

Que se soit lors d’écoute de CD audio, d’un iPhone (j’ai fait le test avec un disque numérisé via itunes en apple lossless) ou même d’un Blu-ray, à chaque fois, le constat était le même : l’apport du DAC faisait passer mon système vers un niveau largement au dessus de son niveau actuel.

Le test le plus flagrant fut l’écoute du Blu-ray de concert de Peter Gabriel, New Blood, où l’apport du DAC m’a réellement donné l’impression d’être au concert, notamment en terme d’émotion, de définition, ou de justesse de timbres. L’image en vidéoprojection HD, a apporté je l’avoue, la pierre finale à l’édifice.

Je pourrais continuer à décrire de manière élogieuse ce DAC Naim, mais je pense que vous avez compris qu’il est parmi les meilleurs DAC à moins de 3000 €, et qu’une écoute attentive est plus que conseillée, même dans un système non Naim.
Toutefois, n’espérez pas un gain spectaculaire si le système dans lequel il sera intégré n’est pas d’un certain niveau : si vous espérez l’inverse, vous serez clairement déçu et vous crierez au scandale compte tenu de son tarif.
Par contre, si vous disposez d’un système de qualité, l’apport peut osciller entre l’excellent, la perfection, le génial et le magique : je vous laisse rayer la mention inutile !

Enfin, concernant l’ajout de l’alimentation séparée (en option), je n’ai pas pu faire le test, n’en ayant pas eu à disposition lors du test, mais si vous lorgnez dessus, faites le test chez vous : chacun sera libre d’apprécier ou non l’apport, pondéré par le tarif de cette dernière.

Conclusion :

Les trois DAC testés sont tous les trois d’excellents produits, et je ne peux dire du mal d’aucun d’entre eux : chacun a ses qualités et ses défauts. Je pense que de nombreux audiophiles désirant améliorer leur chaine trouveront leur bonheur, en fonction de leurs goûts et de leur budget (Le premier compte rendu reste toujours d’actualité pour ce qui concerne les produits plus abordables, y compris pour le génial DAC Magic).

Bonnes écoutes !

Atoll DAC200 :
+ Droit et détaillé
+ Connectique riche
+ Sortie casque
– Attention aux associations

M2Tech Young :
+ Nerveux
+ Définition irréprochable
+ Scène sonore large
– Léger manque de soyeux des timbres

Naim DAC :
+ Fonctionnalités multimédias (USB, etc)
+ Grande musicalité
+ Timbres extraordinaires
– Rien à ce prix

Julien Jacquemin (Responsable SAV Hifissimo)

Compte rendu d’écoute de plusieurs DAC

DAC, Convertisseurs, entrées numériques ou USB : voilà des termes que l’on voit assez régulièrement en ce moment. Étant de nature curieuse, j’ai pris mon courage à deux mains (ou deux oreilles diront certains) et je me suis lancé dans des écoutes de ces fameux « DAC ».

Tous les produits ont été écoutés sur le même système, à savoir le mien, constitué des éléments suivants : enceintes JM Reynaud Evolution 3 MkII, ensemble d’amplification Naim Nac82/Hicap et Nap180, d’un lecteur de DVD Primare V25 et d’un lecteur Blu-ray Panasonic DMP-BD10A.
Les câbles étaient des câbles Oehlbach Airblue 3 (liaison HP), Naim Snaic (liaisons entre les éléments Naim), Stereovox HDXV (câble numérique) et Hifi Câbles et cie Khnoum (liaison analogique entre le DAC et le préampli).

Je ne rentrerai pas dans les détails de chaque DAC, vous les trouverez sur leur fiche technique respective.

J’ajouterais que j’ai fait des tests en écoute CD audio, sur des extraits de films ou de concert en Blu-ray et même sur un peu de musique depuis un PC, relié en USB. Quelque soient les extraits choisis et utilisés, mon avis est resté le même sur chaque DAC.

La première série de DAC était constituée des trois suivants :
Cambridge DacMagic
Atoll DAC100
Musical Fidelity M1-DAC

D’autres DAC s’ajouteront à ce test dans les prochains jours.

Voici maintenant mes compte rendus d’écoute :

Cambridge Audio DAC MagicCambridge DAC Magic :
Dès les premières secondes, on retrouve l’esprit des produits Cambridge Audio, avec une écoute à la fois douce et reposante, mais aussi fluide et énergique en même temps. Que se soit sur un extrait de film, ou sur de la musique rythmée, l’écoute n’est jamais ennuyeuse, bien au contraire. Le comportement rythmique de ce DAC est exemplaire, surtout par rapport à son prix, qui n’est que de 300 €, il ne faut pas l’oublier.

L’écoute est très définie : on ne perd pas d’informations, ce qui pourrait rendre l’écoute fade, voire inintéressante, bien au contraire. Le grave est très bien articulé, mais s’il est un poil court. Le médium est totalement dans l’esprit des produits Anglais : un peu en avant, mais très fouillé, et surtout juste en timbres. Et enfin, l’aigu apparaît à la fois doux et lumineux, même si on pourrait souhaité un peu plus d’extension.

DAC Magic : vue arrièreIl faut être honnête : pour le prix, le Dac Magic est juste imbattable. Imaginez donc le même produit fabriqué en Europe, dans un boitier plus luxueux, et vous vous retrouvez avec un produit dépassant les 1500 €. Certes, il n’est pas parfait (il a une légère tendance à mettre le médium en avant), mais à moins de 300 €, il est difficile de lui en demander plus. On a, pour ce prix, un produit complet en connectique (3 entrées numériques doublées en Coaxiale et Optique, 1 entrée optique et 1 sorties analogique doublée en RCA et XLR), musical à souhait et tout à fait capable de donner un coup de jeune à un lecteur de CD un peu ancien dans un beau système de milieu de gamme.

Je n’ai qu’une seule conclusion pour lui : A prescrire sans réserve !

Atoll DAC100Atoll DAC100 :
Je dois avouer que j’ai eu pas mal de doutes lorsque je l’ai écouté pour la première fois. Dès les premières minutes, je retrouvais l’écoute des produits Atoll, mais cette fois ci, avec un côté caricatural. L’écoute est très tonique, rapide, ciselé, mais cela manquant un peu de liant entre les informations, et on avait plus envie de baisser le son que d’écouter la suite. Ne doutant pas des qualités du produit (j’ai eu de l’Atoll par le passé), je l’ai laissé tourné quelques journées, et au bout de deux jours, ce n’était plus du tout agressif.

Attention, ce DAC100 est et reste un produit extraverti. Mais une fois « rodé », il est capable aussi d’être doux et fluide. Bien entendu, la définition est le point fort de ce DAC, à tel point que ma source de référence a été battue à ce jeu par ce dernier.
Le grave du DAC100 est tendu, rapide, et il descend très bas. Le médium joue la carte de la définition et de la transparence, tout comme l’aigu d’ailleurs. Il est inutile de dire que ce DAC100 est aussi le plus dynamique des trois DAC testés, et que sur ce point, il pourra parfaitement réveiller un système un peu « endormi ».

DAC100 : vue arrière500€ pour un DAC fabriqué en France, avec autant d’entrées que le DacMagic, le DAC100 est une vraie belle performance de la part d’Atoll. Mais dès que l’on passe à l’écoute, on se rend compte que l’investissement dans un DAC100 est une excellente affaire. Si vous cherchez un produit complet, capable de vous apporter détails et rapidité, quelque soit la source utilisée, ce DAC100 est un produit à très sérieusement envisagé.

Je vais même vous faire une confidence : je l’ai trouvé excellent sur les extraits de films en Blu-ray, à tel point que je n’ai pas pu résisté à la tentation de visionner un film complet avec. Je ne l’ai absolument pas regretté.

Musical Fidelity M1DACMusical Fidelity M1-DAC :
Il y a des produits qui, dès les premières secondes, s’imposent comme une évidence. Ce M1-DAC en fait parti, et à vrai dire, il a confirmé mes premières impressions tout au long des écoutes que j’ai pu en faire.

Bien sûr, ce n’est pas le plus complet en terme de connectique, mais pour ce qui est de la restitution sonore, il s’inscrit dans une philosophie que je connais très bien : celle de la fluidité et de la cohérence. Je crois que se sont les deux mots que le résume le mieux : fluidité et cohérence. Ici, la musique s’écoule sans accroc, tout en douceur, en subtilité, mais aussi avec de la vie et du muscle, lorsque cela est nécessaire. Certes, on n’a pas le muscle et l’excellente définition de l’Atoll DAC100, mais on a la place quelque chose de peut être plus délié et de plus équilibré.

Musical Fidelity M1DAC : vue arrièreMais fait il mieux que le DAC100 ? Oui et non : pour moi, oui, mais dans d’autres configuration, on pourra préférer le Dac100, et son côté extraverti. D’ailleurs, sur les extraits de films, j’ai préféré le DAC100 , mais sur du long terme, et sur de l’écoute musicale (quelque soit la source), le M1-DAC sera un compagnon de plus agréables à vivre.

Afin d’avoir un point de comparaison que je connais parfaitement, j’ai pris le risque de le comparer à mon lecteur de cd, et le résultat a été très rapide à se dessiner : c’est le même type d’écoute, et le même compromis entre définition, justesse de timbre, fluidité et dynamique.

Ce M1-DAC est il chaudement recommandé ? Bien sûr que oui, même si je vous recommande de la comparer avant au DAC100 : comme je l’ai indiqué, chacun aura ses adeptes, et ses détracteurs.

Conclusion :
Comme vous l’aurez compris, il n’y a pas vraiment de vainqueur parmi ces trois produit testés : il y a trois excellents convertisseurs, mais dans des styles différents, et avec des caractéristiques techniques différentes aussi (notamment en terme de connectique).
Le premier constat que j’ai pu faire est plus que positif : la qualité sonore des DAC aux alentours des 300-500€ permet aujourd’hui d’avoir des sources de lectures comparables à des lecteurs de CD aux alentours des 1000-1500€.

Ensuite, ces DAC pourront permettre de concilier deux philosophies de sources différentes : celle de la musique dématérialisée et celle sur support physique. Que vous ayez un PC, un ancien lecteur de CD ou un lecteur Blu-ray, vous pourrez largement en améliorer le rendu sonore, dans un budget très raisonnable, il faut le préciser. Est ce une bonne nouvelle ? Oui, et mille fois oui.

Bonnes écoutes et rendez vous pour la 2e partie, avec d’autres convertisseurs au banc d’essai.

Julien Jacquemin, Hifissimo