Jean Marie Reynaud Folia à l’écoute

JMR Folia

 

Introduction :
Je ne voulais pas le faire mais on me l’a demandé alors je m’y colle.
Pourquoi je ne voulais pas : parce qu’on m’aurait encore taxé de monomaniaque.

Les produits Jean Marie Reynaud ont, pour la majorité des gens qui passent me voir, la réputation de produits élitistes et chers. Des constructeurs français, pour ne parler que d’eux, proposent à leur catalogue des produits à plusieurs dizaines de milliers d’euros : la Sphère de Cabasse, la grande Utopia chez Focal ou encore la Magellan de chez Triangle. Le haut de gamme de JMR, la Concorde, se situe à une petite dizaine de milliers d’euros seulement…

L’idée de Jean Claude Reynaud a été de proposer une enceinte positionnée à moins de 1000€ la paire. Faire du bon sans considérations budgétaires n’est déjà pas chose aisée alors quand on ajoute la contrainte d’un petit prix cela relève de la gageure.

Ainsi est donc née la Folia.
Son nom vient d’une danse portugaise apparue au XVème siècle, pendant laquelle on répétait un thème de façon si rapide que les danseurs semblaient perdre la raison, d’où son nom.
Si Jean Claude Reynaud a choisi ce nom pour sa petite dernière c’est peut être en hommage à son père qui donnait le nom de danses à ses premières enceintes (gavote, passacaille, barcarolle, gaillarde, menuet, pastourelle…)

Afin de proposer une JMR à prix raisonnable il a fallu faire des économies. La finition n’est donc pas en placage merisier naturel mais noire satinée. Comme la Ford T au début du siècle dernier, première voiture abordable, vous pouvez ainsi choisir la couleur : noire, noire ou encore noire.

Le saladier du haut parleur de grave n’est pas en métal mais en ABS, sa membrane est en pulpe de cellulose (ca fait plus classe que d’écrire papier), matériau simple et éprouvé depuis des années qui allie légèreté et rigidité.
Par contre le tweeter est un dôme de soie tout comme celui de ses grandes sœurs (Bliss, Euterpe, Cantabile).
Le filtre quant à lui est câblé en l’air comme les grandes JMR.

Les économies ont été faites aux bons endroits.
Un évent tubulaire débouche sur le coté de l’enceinte ; d’après le constructeur les évents seront positionnés vers l’intérieur pour un écartement de 1,5m et plus, et dirigés vers l’extérieur pour un écartement inférieur à 1,5m.
De mon point de vue les mesures sont nécessaires mais non suffisantes, et, dans les données techniques de la Folia, le rendement de 86db est un peu faible ; il n’est cependant pas dans les habitudes de JMR de produire des enceintes difficiles à faire fonctionner.
L’écoute nous en dira plus.

Pour ce compte rendu j’ai choisi de rester franco-français :
Un ampli Atoll IN30 et son compère le CD30 ont été choisis. Ces électroniques de prix abordable devraient bien convenir au petites JMR.

Quand Jean Claude Reynaud m’avait apporté ses nouveaux bébés, il les trouvait un peu limités dans le grave. Hors ce n’était pas l’impression que j’avais ressentie ; mon sentiment était plutôt un léger manque de dynamique. Je persiste et je signe, n’en déplaise au concepteur.

Oscar Peterson Trio - We get requests
Du grave il y en a, et du bon en plus, pour preuve sur le célèbre We get request la contrebasse de Ray Brown est bien présente aussi bien quand il joue à l’archet ou en pizzicato la fondamentale et les harmoniques sont bien respectées. Le piano d’Oscar Peterson est bien centré entre les enceintes, il sonne plein et fluide ; les ballais de Ed Thigpen sur la caisse claire sont bien reproduits.

 

Blues Brothers 2000
Aretha Franklin (Respect. BO des Blues Brothers 2000) donne toujours des frissons, la perception de toutes les intonations de sa voix est évidente, la séparation des instruments est bien reproduite par contre la dynamique est légèrement tassée.

 

 

Eliane Elias - Light My Fire
Sur Light My Fire de Eliane Elias la contrebasse est fort bien retranscrite, la voix est précise, on entend parfaitement les intonations, chaque mot est compréhensible sans effort. Comme toutes les JMR la petite Folia a une capacité déconcertante pour reproduire les voix.

 

 

Pink Turtle - Pop In Swing
Sur Hotel California de Pink Turtle la retranscription est fluide, aucune crispation ni agressivité ne se fait entendre sur les cuivres, par contre un manque de dynamique se fait ressentir, le rendement relativement faible de l’enceinte y est certainement pour quelque chose.

 

Mahler : Symphonie n° 5 - Riccardo Chailly
Il en est de même sur le premier mouvement de la Vème de Malher où la Folia manque un peu de dynamique. Par contre les timbres sont bien respectés et elle ne sature pas. Bien sur, avec ce type de message elle n’a pas la facilité d’une colonne mais on ne se sent pas frustré au vu de la taille de l’enceinte.

 

 

Conclusion :
La Folia n’a pas l’ampleur, l’ouverture ni la dynamique de sa grande sœur la Bliss. Cependant c’est une vraie JMR qui sait reproduire la musique avec talent : elle montre un équilibre spectral remarquable et sait donner un coté vivant, spontané à la musique. Comme toutes les JMR, c’est une enceinte avec laquelle on ne se pose pas de questions et avec laquelle on écoute de la musique en prenant du plaisir. C’est bien là l’essentiel.

Il faudra simplement veiller à lui associer des électroniques un peu vives afin de compenser son manque de dynamique. Les Atoll ont parfaitement rempli ce rôle. L’association m’a tellement plu de par ses qualités que nous allons bientôt vous la proposer.  Par contre, une association avec des éléments plus doux comme des Marantz ou des Cambridge ne lui rendra pas service.

Laurent, Hifissimo Monge

Fiches produits :
Jean Marie Reynaud Folia

Une réflexion au sujet de « Jean Marie Reynaud Folia à l’écoute »

  1. Heureux possesseur d’une paire d’Évolution 1 Mk II depuis 1997 ou 1998, je ne peux que confirmer l’aisance des JMR, même les plus petites, vis à vis de la voix — humaine ou du violoncelle (si l’on tient compte de l’usure de la monnaie, elles devaient être une ou deux gammes au dessus en terme de prix).

    Jean Marie Reynaud (père) m’avais conseillé une bonne cinquantaine d’heures de rodage, et disposait d’ailleurs d’un CD spécifique. Soit que mes oreilles s’y soient faites, soit que la chose soit exacte… bref, j’ignore si c’est toujours le cas, mais cela peut expliquer la dynamique un peu légère…

    Par contre le câble haut-parleur JMR, utilisé en cordon de liaison — la tresse de masse au point chaud ou froid selon les goûts, lorsqu’on ne dispose plus d’une masse phono — m’a permis à l’époque un gain en dynamique impressionnant, même avec un ampli bas de gamme, pour une somme modique !

    Des essais menés sur des Offrandes montraient d’ailleurs qu’il valait mieux utiliser un Marantz qu’un Musical Fidelity (E20-E30), la combinaison devenant par trop agressive.

    Les Évolution 1 ont toujours été un peu faibles dans les graves, à comparer aux Offrandes de l’époque, mais comme vous le dites fort bien… c’est une question de budget de l’auditeur.

    Mes oreilles ayant plus mal vieilli que mes enceintes, je n’en changerai pas. Le père hurlerai qu’en 15 ans on a fait des progrès pas possible :). Par contre, j’ai fini par changer l’ampli…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Please copy the string Ol66Ai to the field below: