Compte rendu d’écoute de plusieurs DAC – Partie 2

Introduction :

Suite à mon test de DACs de l’an dernier, les demandes de tests d’autres DAC se sont enchaînées. Il me fallait trouver le temps de le faire, et surtout de choisir les produits les plus pertinents. Je n’ai pas pu tester tous les produits du marché ; il a donc fallu faire un choix cohérent au regard du catalogue de produits d’Hifissimo.
Je le précise à nouveau : ces tests sont subjectifs, et je n’ai aucunement la prétention de détenir la vérité absolue. Les avis exprimés n’engagent que moi, et je suis le premier à affirmer que d’autres avis valent autant que le mien, même s’ils sont divergents.

Les produits testés l’ont été sur mon système, qui a changé entre temps :
- Enceintes Jean-Marie Reynaud Cantabile 10ème anniversaire (réputées pour leur transparence)
- Ensemble d’amplification Naim Nac82 (avec une Hicap) et Nap180
- Lecteur Primare V25 (pour la lecture CD)
- Panasonic DMP-BD10A (pour la lecture Blu-ray)

J’ai décidé pour ce test de retenir les produits suivants :
- L’Atoll DAC200
- Le M2Tech Young
- Le Naim DAC

Tous les tests ont été effectués avec un seul DAC à la fois, sur une période différente, et sur des extraits musicaux et de films (en Blu-ray). Les avis tiennent compte des deux séries de tests.
Voici les comptes rendus :

Atoll DAC200 :

Atoll DAC200

Atoll DAC200

Pour le descriptif du produit, je vous renvoie vers la fiche descriptive du site, qui est très complète.
Chose remarquable, le DAC200 est l’un des produits les plus complets côté connectique, avec pas moins de 6 entrées numériques (3 optiques, 2 coaxiales et 1 AES) en plus de l’entrée USB asynchrone 24 bits/192 Khz. Il dispose également d’une sortie casque et surtout, d’une sortie à niveau variable ou fixe selon votre configuration (si votre budget est un peu court pour investir dans un préampli, c’est le plan parfait).

Lorsque j’ai su qu’Atoll sortait un modèle de DAC supérieur au DAC100, je n’ai pas hésité une seule seconde : je voulais absolument le tester. J’avais eu un excellent souvenir du DAC100, mais je lui reprochais de manquer un peu de fluidité (remarque à relativiser compte tenu du prix du DAC100).
Je voulais donc savoir si Atoll avait corrigé le tir sur un modèle de gamme supérieure. La réponse est arrivée dès les premières secondes d’écoute : C’est Oui !

Le DAC200 va plus loin que le DAC100 sur ce critère, mais pas seulement sur ce seul critère : il est plus défini, plus juste sur les timbres et la scène sonore est bien plus ouverte.

Certes, j’ai connu des lecteurs qui faisaient mieux sur ce dernier critère, mais ils n’étaient pas à 1500 €.
De plus, Atoll n’a pas vendu son âme au diable en sortant le DAC200 : il conserve toujours le côté rapide et droit des produits Atoll, mais il ne tombe pas dans la caricature : l’ensemble reste en permanence agréable à l’écoute.

Le constat a été le même en écoute Homecinéma, que se soit sur des films ou sur des concerts : le côté nerveux et détaillé du DAC200 a fait des merveilles, et sans aucune agressivité, comme cela avait pu être le cas sur le DAC100 (pas sur tous les extraits, je vous rassure).

Enfin, je ne peux pas passer à côté d’un vrai plus à ce prix : la sortie casque.
Etant curieux, et ayant sous la main un casque Grado SR325is, je n’ai pas résisté à faire une écoute au casque. Je n’ai pas du tout été déçu : les qualités du DAC200 évoquées plus haut se retrouvent aussi sur cette sortie.
Si vous disposez d’un excellent casque, et que vous ne pouvez pas investir dans un ampli casque de haut niveau, le DAC200 vous permettra d’en profiter pleinement et sans aucune frustration.

Je voudrais conclure sur ce DAC200 en félicitant nos amis d’Atoll : à 1500 €, réaliser la prouesse de développer un produit Made in France aussi complet, aussi cohérent dans sa restitution sonore, c’est un très bel exploit.

Le DAC100 était déjà une réussite : le DAC200 fait juste mieux partout, avec en plus la sortie variable, l’entrée AES et la sortie casque.

Enfin, concernant l’association avec d’autres maillons, vous ne devriez pas avoir trop de difficultés : sa droiture, et son côté détaillé ne poseront pas de problème particulier. Evitez les systèmes déjà « clairs » sous risque d’avoir une écoute un poil agressive, mais pour le reste, aucune contre indication de ma part.

M2Tech Young :

M2Tech Young

M2Tech Young

Comme pour le DAC200, je vous renvoie à la fiche produit pour le descriptif technique, très bien rédigé.

Je vais plutôt m’attacher au compte rendu d’écoute, subjectif, comme pour le DAC200.
Dès les premières minutes, la première impression que j’ai eue est celle d’un produit dans la lignée du DAC200, avec peut être plus de nervosité et une scène sonore un peu plus large. Ce Young est clairement un produit nerveux, et dans certaines situations, il pourrait engendrer une écoute légèrement agressive. Ce n’est pas bien grave, mais il faut en tenir compte dans votre choix.

Pour ce qui est de la définition, elle est irréprochable, et par rapport à mon lecteur de référence l’apport a réellement été probant : on a enlevé un voile par rapport à ce dernier, et cela, de manière sensible.

La bande passante est tout aussi large que sur le DAC200, avec un grave présent, articulé, un médium précis et un aigu très détaillé, même s’il peut manquer de soyeux, mais j’y reviendrai plus bas.

La scène sonore est aussi un point fort du Young : le placement des instruments est à la fois précis et aéré, et pour un budget de 1000 €, il n’y aucun reproche à faire sur ce point.

Pour ce qui concerne les timbres, ils sont du même acabit que l’excellent DAC200, et on est tout à fait en cohérence avec le tarif du produit. La seule réserve, pour ma part, concerne la fluidité. Je m’explique : j’ai trouvé le Young très nerveux, voire un peu bodybuildé, et sur des morceaux musicaux réclamant de la subtilité, ma sensibilité me ferait plutôt opter pour le DAC200, voir celui de mon lecteur de référence (Primare V25).

Par contre, sur des morceaux plus « rocks », le Young fera des merveilles car sa nervosité ne sacrifie absolument pas la rythmique et la dynamique, et il se peut même qu’il soit supérieur au DAC200.

Malgré ce léger manque de soyeux, on ne peut pas faire de reproche au Young : il est tout fait cohérent dans ce qu’il fait, que ce soit en terme de définition, de justesse, de timbres, de dynamique, mais surtout de sens du rythme. Si je veux caricaturer, je trouve ce produit très « Rock’n Roll », mais sans que cela soit péjoratif.

Il faut juste en tenir compte lors du choix : si vous cherchez un DAC pour apporter de la nervosité à votre système, tout en gagnant en définition et en largeur de scène sonore, le Young doit être impérativement écouté.

Les impressions en écoute musicale ont également été confirmées sur des extraits de films, sauf que la nervosité du Young a été un véritable avantage sur les bandes sons musclées. Le Young est réellemment surprenant et donc à écouter impérativement, quelque soit votre budget !

Un dernier point : M2Tech a développé pour ce DAC une alimentation externe nommée Palmer. Je n’ai pas pu faire le test, pour des raisons logistiques, mais d’après les dires de l’importateur, le gain est réel, notamment en termes de bande passante, de définition, de dynamique et surtout, elle apporte la douceur dont le manque pourrait être reproché au Young seul (même s’il reste très relatif, je vous rassure).

Naim DAC :

Naim DAC

Naim DAC

Au vu de son prix, je me doute fortement que des esprits chagrins ne manqueront pas de critiquer la cohérence du choix du DAC Naim par rapport aux deux DAC précédents. Premièrement, je comprends tout à fait cette réaction, et deuxièmement, le DAC Naim a été testé bien avant les deux autres. Le fait d’avoir testé ces deux produits après le DAC Naim me permet de relativiser les performances de chacun.

Avant tout, pour ce qui est de la connectique, le DAC Naim est de loin le plus complet, avec en plus, la possibilité de connecter un iPod ou un iPhone en direct, mais aussi de l’améliorer par le biais d’une alimentation externe (cf fiche produit).

Ensuite, il faut reconnaître un gros mérite au DAC200 et au Young, qui, malgré le fait qu’il soient d’un niveau en dessous, ne sont absolument pas ridicules face au DAC Naim, bien au contraire.

Enfin et avant d’aborder le compte rendu, il faut impérativement tenir compte du fait que le DAC Naim est un produit résolument haut de gamme, et qu’il sera sensible à la source de lecture (drive CD, DVD, Blu-ray, iPod, ordinateur, clef USB…), à la qualité des fichiers lus, mais aussi à ce qu’il y a en aval : amplification, enceintes, pièce d’écoute, etc…

Lorsque j’ai branché le DAC Naim pour la première fois, j’ai tout de suite compris que Naim avait développé un produit avec deux qualités qu’on ne retrouve pas toujours : fonctionnalités et musicalité.

Je pourrais vous décrire les timbres du DAC Naim, qui sont ce qui se fait de mieux, dans tout ce que j’ai pu entendre à des tarifs raisonnables (sic), que la définition ne souffre d’aucune critique, que la bande passante est d’une extension remarquable, tout en conservant de l’articulation dans le grave et du soyeux dans l’aigu, mais un mot me vient à l’esprit pour décrire ce DAC : MUSICAL !

Je sais, ce mot est souvent utilisé et le plus souvent, de mauvaise manière, mais je vais assumer mon propos : ce DAC est tout simplement musical ! Tout en conservant ce sens de la rythmique qu’ont toujours eu les produits Naim, ce DAC a su gagner de la rigueur (pas de l’austérité non plus!) et de la justesse.

Que se soit lors d’écoute de CD audio, d’un iPhone (j’ai fait le test avec un disque numérisé via itunes en apple lossless) ou même d’un Blu-ray, à chaque fois, le constat était le même : l’apport du DAC faisait passer mon système vers un niveau largement au dessus de son niveau actuel.

Le test le plus flagrant fut l’écoute du Blu-ray de concert de Peter Gabriel, New Blood, où l’apport du DAC m’a réellement donné l’impression d’être au concert, notamment en terme d’émotion, de définition, ou de justesse de timbres. L’image en vidéoprojection HD, a apporté je l’avoue, la pierre finale à l’édifice.

Je pourrais continuer à décrire de manière élogieuse ce DAC Naim, mais je pense que vous avez compris qu’il est parmi les meilleurs DAC à moins de 3000 €, et qu’une écoute attentive est plus que conseillée, même dans un système non Naim.
Toutefois, n’espérez pas un gain spectaculaire si le système dans lequel il sera intégré n’est pas d’un certain niveau : si vous espérez l’inverse, vous serez clairement déçu et vous crierez au scandale compte tenu de son tarif.
Par contre, si vous disposez d’un système de qualité, l’apport peut osciller entre l’excellent, la perfection, le génial et le magique : je vous laisse rayer la mention inutile !

Enfin, concernant l’ajout de l’alimentation séparée (en option), je n’ai pas pu faire le test, n’en ayant pas eu à disposition lors du test, mais si vous lorgnez dessus, faites le test chez vous : chacun sera libre d’apprécier ou non l’apport, pondéré par le tarif de cette dernière.

Conclusion :

Les trois DAC testés sont tous les trois d’excellents produits, et je ne peux dire du mal d’aucun d’entre eux : chacun a ses qualités et ses défauts. Je pense que de nombreux audiophiles désirant améliorer leur chaine trouveront leur bonheur, en fonction de leurs goûts et de leur budget (Le premier compte rendu reste toujours d’actualité pour ce qui concerne les produits plus abordables, y compris pour le génial DAC Magic).

Bonnes écoutes !

Atoll DAC200 :
+ Droit et détaillé
+ Connectique riche
+ Sortie casque
- Attention aux associations

M2Tech Young :
+ Nerveux
+ Définition irréprochable
+ Scène sonore large
- Léger manque de soyeux des timbres

Naim DAC :
+ Fonctionnalités multimédias (USB, etc)
+ Grande musicalité
+ Timbres extraordinaires
- Rien à ce prix

Julien Jacquemin (Responsable SAV Hifissimo)

2 réflexions au sujet de « Compte rendu d’écoute de plusieurs DAC – Partie 2 »

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  2. Michel

    Bonjour,

    Je suis assez surpris de votre conclusion sur le DAC 200 Atoll.
    J’ai pu le comparer avec le M2tech Young justement et entre le 2 l’Atoll est beaucoup moins « nerveux » que le Young je trouve. Pour moi l’Atoll s’associe plutot bien avec les amplis de la meme marque qui sont assez « clairs » justement.

    Cdlt

    Répondre

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