De l’importance de l’enceinte centrale

Enceinte centraleQuelle est l’enceinte la plus importante d’une install Home Cinéma? La centrale.

La centrale reproduit les dialogues, que l’oreille est habituée à entendre. Une voix plus métallique que nature, trop fluette, trop aigu, notre oreille va tout de suite la détecter. Il nous est facile de savoir si une voix est réaliste ou pas, si elle manque de relief. Le lancement d’un missile, le crépitement d’une mitraillette, l’explosion d’un dépôt de munition, ou bien encore le bruit du moteur d’une Rolls Royce lancée à 200 Km/h sur un chemin de graviers, avec ses pneus qui crissent comme sur du bitume, et bien je ne suis pas sûr que nous soyons nombreux à connaître leur son authentique ! A l’inverse, si une voix est nasillarde, si elle manque de renfort dans le grave, si elle manque d’ouverture, l’oreille s’en aperçoit immédiatement (avec un peu d’attention et de bonne volonté tout de même)

Ensuite, et surtout pour ceux qui ont un écran de 2 m de large, il faut que la largeur du son qui vient de la centrale corresponde à la largeur de l’image… là, on commence à entrer sur le terrain glissant de l’ouverture sonore. Il faut que le son s’ouvre devant vous et que les voix soient pleines, amples, qu’elles aient du coffre, qu’elles remplissent l’écran. Avez vous remarqué combien d’enceintes semblent faire sortir les voix d’un petit trou, d’une petite boîte ? C’est tout à fait décevant, et c’est pourquoi les amateurs exigeants renoncent à acheter des packs constitués de toutes petites enceintes de la même marque que l’électronique. Mais laissez moi vous dire que toutes les enceintes centrales ‘classiques’ ne tiennent pas non plus cette promesse.

Et ce n’est pas tout ! La centrale s’occupe aussi de reproduire une bonne partie des bruitages du film, les ambiances sonores, et la musique de fond. Le fabricant moyen est totalement incapable, avec des haut parleurs moyens, et son savoir faire moyen, de construire une centrale qui permette aux voix de sortir de ce brouhaha sans les rendre agressives, sans les pousser vers l’aigu. La plupart du temps, soit les dialogues sont difficile à suivre, soit ils tirent vers le haut du spectre. Et presque toutes les enceintes font un compromis entre ces deux problèmes : trop réalistes, les voix ne s’entendent pas clairement, trop claires, elles fatiguent l’oreille et manquent de virilité. Heureusement que les autres enceintes sont là pour endormir votre jugement ! Faites l’essai et écoutez votre centrale, toute seule, juste une fois, sans indulgence envers l’excellent choix que vous pensez avoir fait lors de votre achat…vous allez m’en reparler. Vous n’entendez rien ? retournez au cinéma,et écoutez ce qui vient de derrière l’écran, fermez les yeux, et imaginez la taille du personnage, selon sa voix. Maintenant retournez chez vous, et recommencez la même chose. Vous avez compris là ?!

Sans oublier bien entendu que la centrale doit faire ce travail en conservant une parfaite et totale homogénéité sonore avec les 4 autres enceintes…

Et pour ne pas oublier de jeter l’eau du bain avec le bébé, j’ai gardé pour la fin le petit surplus d’âme indispensable à une bonne centrale, la dimension verticale du son. Car ce n’est pas tout de réussir à faire sortir les voix avec du relief, du volume, et du grain. Ce n’est pas tout de réussir à distinguer les dialogues parfaitement, malgré les bruitages, sans les rendre agressifs, et de leur donner une ouverture à la dimension de votre écran. Encore faut il que le son remplisse l’espace vertical. On ne veut pas que le son soit plat, et qu’il ne permette pas de distinguer dans l’espace les emplacements des voix et des instruments qui tentent sans cesse de s’étouffer les uns les autres…

Une bonne enceinte centrale doit donner l’impression de mesurer la surface d’un écran de 2 m de large par 1.50 m de haut. Voilà tout. Si vous n’avez pas cela chez vous, et bien il faut vous remettre au travail de recherche et d’écoutes, et aller chercher les vraies centrales des vrais fabricants de talent. Vous aurez vite fait le tour, j’en ai à peine compté une dizaine.

Jean Patrick Grumberg
© Hifissimo 2002
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